jeudi 9 octobre 2008

Prélude

Enfin ! Ça m’aura pris le temps qu’il faut, mais j’ai enfin recopié tout le journal de voyage ! Yeah, allons-y pour la lecture maintenant. Bonne indigestion, il y a un peu beaucoup de texte... Gomenasai...

Après un beau mariage en costumes, et une décoration de salle qui mettait dans le ton, il nous aura fallu attendre un an pour avoir enfin le temps nécessaire pour vraiment profiter d'un voyage aussi loin et dans lequel il y a tant à voir.

J'ai donc commencé mes investigations l'an dernier, pour savoir exactement quoi faire pendant notre séjour là-bas. J'ai écumé le web et pris des conseils auprès de nos amis qui y étaient déjà allés, et j’ai pu boucler le programme et toutes les réservations mi juillet. Les avions et les hôtels sont pris, les abonnements de train et les billets pour le musée Ghibli payés, le séjour planifié, les euros changé en yens. Nous n’avons plus qu’à partir !

Je vais donc vous conter nos aventures au pays du soleil levant. Ikimashô !

Lundi 1e Septembre – Le départ

C'est le grand jour, le grand départ ! Pascal, le père de Janek, nous emmène à l'aéroport tôt le matin.

Premier voyage (organisé par moi seule j'entends), premières bourdes...
Déjà on aurait largement pu choisir l'avion précédent pour Narita sans souci vu l'heure à laquelle Pascal a du nous déposer. Mais ça n'est pas vraiment un problème.
Enregistrement des passeports pour les billets électroniques d'Air France, sortie de la carte d'embarquement, tout va bien. Nos deux billets sont au nom de Charles. Normal, après tout, nous sommes mariés. Hm... Mais pourquoi avoir fait ça alors que le seul nom ornant mon passeport est Cerles ? Oups... Heureusement la copie du livret de famille qu'on a pensé à prendre leur convient, même s'ils ajoutent le détail dans leur base de données, histoire de ne pas avoir le même problème au retour. En espérant que ça soit suffisant...

Ceci fait, nous partons faire quelques pas dans l'aéroport, nous passons les portes de sécurité, direction la porte d'embarquement, attente à nouveau puis nous grimpons enfin à bord.
Je ne pensais pas qu'autant de Japonais voyageraient sur Air France... Nous sommes presque les seuls français. L'avion décolle, et c'est parti pour 12 heures de vol. Encore heureux nos voisins sont assez tranquille, encore que le gus devant Janek passe tout le vol le siège baisé au maximum sans se soucier de savoir si ça gène... quand au système de VOD, le choix est certes pauvre mais assez intéressant. Pour preuve, entre les deux repas, les jeux sur DS et les quelques heures de sommeil grappillées, nous avons le temps de nous faire le 4e Indiana Jones et Lilo & Stitch.
Mais malgré ça... C'est long...

Mardi 2 Septembre – On y est !

Les 12 heures de vol arrivent à terme, enfin...

Débarquement, et déjà dans le couloir accordéon qui sort de l'avion on sent qu'on n'est plus chez nous. Je savais déjà qu'il faisait plus chaud que chez nous, 30° environ, je savais aussi qu'il y avait près de 80% d'humidité dans l'air, mais sans bien comprendre ce que ça représenterait en vrai... Punaise, une chaleur étouffante, un vrai sauna !

Direction les bureaux de l'immigration. Quelle organisation ! Une zone pour les résidents rentrant chez eux, une autre pour les immigrants, et un agent pour diriger les gens vers le premier guichet libre, ou les informer s'il manque une information sur le bordereau de rentrée sur le territoire. Nous avons affaire à un agent qui vérifie nos passeport, et via un système informatique prend nos empreintes et une photo. Très poli, très courtois, au moins bilingue. Impressionnant.

Nous allons ensuite récupérer notre gros bagage, coup de bol, c'est le premier qui nous passe sous le nez sur le tapis roulant. Passage à la douane proprement dite, rien à déclarer. Juste pour vérifier quand même, parce qu'il faut bien, le douanier nous demande en bon anglais si nous lui donnons l'autorisation d'ouvrir le sac. Wow... On savait les japonais poli, mais là, ça fait quand même bizarre.

Arrivée dans le hall central de l'aéroport de Narita, on s'arrête demander à un agent sur place de nous indiquer le bureau de Japan Railways, afin d'y échanger nos JRPass, qui nous permettrons pendant 14 jours de voyager "gratos" sur toutes les lignes de train, de ferry et de bus de la compagnie. Le temps de remplir un petit formulaire, on récupère nos pass et prenons de suite nos billets pour Hiroshima, premier point de chute. Tout ça en 5 minutes, d'une facilité et d'une clarté déconcertantes.

Nous descendons vers les voies, patientons quelques minutes avant de voir notre premier train arriver. Premier, car s'en suivent deux changements depuis le Narita Express pour deux Shinkansen d'affilée. Les changements sont aussi très simples, toutes les indications en japonais étant aussi affichées en anglais, ou le nom des gares au moins est écrit en "romaji", dans notre alphabet. Il faut juste se souvenir que nous ne passons pas les bornes automatiques, mais qu’il faut se présenter avec le JRPass au guichet au bout des bornes.

Nous regardons le paysage pendant la majorité du trajet. Assez varié, même si nous ne quittons jamais vraiment la ville entre Tokyo et Osaka. Après on entre un peu plus dans les plaines de campagne, au pied de montagnes abruptes.

Une petite soif entre deux gares nous fait entrer dans une supérette où nous achetons un coca - pas cher, dis donc - et une boisson commune dans tout le pays : du thé vert frais.

Beeenn... J'aime pas du tout ! Le gout du thé vert est très différent du thé noir occidental, et n'a pas un super goût bu comme ça.

Après 5 heures de train, nous voici enfin à Hiroshima. Nous sortons de la gare et nous dirigeons vers un plan du quartier pour tenter d'y repérer notre hôtel. Deux confirmations en une minute :
- Mieux vaut un plan qu'une adresse, car ils n'utilisent que peu les noms de rues mais plutôt des intersections ou des quartiers.
- Les japonais sont TRES serviables envers les pauvres étrangers paumés. Il n'a pas fallu 5 minutes pour qu'un homme nous abordent en nous proposant de l'aide, et guère plus pour qu'un groupe d'étudiants dont une occidentale ne s'occupe de nous également. L'une a noté le lieu de l'hôtel sur le plan d'Hiroshima que j'avais, l'autre a carrément téléphoné à l'hôtel pour savoir comment y aller et nous a accompagnés en bavardant sur le début du chemin. On aurait presque pu trouver seuls si le plan de la ville qu'on regardait était à jour - comment on pouvait savoir que les hôtels Unizo s'appelaient Sun avant ? - mais le coup de main était vraiment bienvenu.

Nous traversons donc la ville à pied, croulant sous la chaleur et le poids des bagages, même si le plus lourd a des roulettes – il faut quand même le tirer, le bestiau. L’hôtel est facile à trouver, une fois qu’on sait où le chercher. Nous y prenons notre chambre, c’est assez classe.

Après une heure de pause et l’essai des toilettes électroniques, nous reprenons les rues en direction d’un coin où dîner - comment ça, on n’a pas déjeuné ? Non, et alors ? Bref… Heureusement, la carte trouvée à l’Office National du Tourisme Japonais comporte quelques infos, dont l’indication d’une avenue commerçante pas bien loin de notre hôtel. Nous croisons donc beaucoup de boutiques, nombre de restaurants aux diverses spécialités, et finissons par choisir un restaurant « italien ». Marguerite et steak burger à l’oignon, ça n’est pas très japonais, mais après notre journée sans manger, on avait besoin d’être sûrs de ce qu’on avait dans notre assiette.

Dîner terminé, nous rentrons doucement vers l’hôtel. Une bonne douche, et au dodo ; même s’il n’est que 20h, nous tombons comme des masses. Et nous avons besoin de dormir pour bien commencer les visites…

Mercredi 3 Septembre - Hiroshima

Premier jour de visite.
Debout à 8h30, dehors à 9h, et c’est parti pour le château « aux carpes » d’Hiroshima. Son surnom est du aux nombreuses carpes en terre cuite qui ornent les toits du château.

Tout ayant été détruit par la bombe, les parties visitables sont neuves, bien que rebâties comme à l’origine. Une partie d’un bâtiment militaire et le donjon sont accessibles. Entre les deux, un pont et des douves. Remplies de tortues et de carpes, qui nagent. Et qui se massent près des passants qui s’approchent trop près du bord du pont, dans l’espoir de quelques miettes.

L’intérieur du donjon est bien rempli, avec des collections à chacun des 4 premiers étages : le rez-de-chaussée présente l’histoire du château, le 1e étage la vie et la culture autour du château, avec les répliques d’un pavillon de thé et de maisons de samouraï et de marchand, le 2nd propose une collection d’armes et armures d’époque, le 3e une exposition d’objets divers. Des escaliers mal agencés nous ont empêché de monter jusqu’à l’étage d’observation ; à bas le vertige.

Du château, nous passons devant le stade de baseball pour arriver au pied du Dôme de la Bombe A, seul bâtiment préservé en mémoire de l’horreur de l’explosion. Plus une seule vitre, le béton qui part en morceau, les poutres métalliques tordues et blanchies par la chaleur… Impressionnant.

Plus loin, dans l’alignement, divers mémoriaux dont celui des enfants, la structure officielle devant la Flamme de l’Amitié et enfin le musée mémorial pour la paix. Nous y voyons pléthore d’horreurs, ainsi qu’une carte représentant les actuels possesseurs de l’arme atomique – pour le coup, on n’est pas fiers d’être français… L’heure est avancée, et le creux à l’estomac ajouté au choc visuel gratifie Janek d’une bonne crise d’hypoglycémie, nous faisant forcer l’allure sur les dernières salles pour trouver un endroit où s’asseoir. Ça m’arrange, je n’étais pas forcément bien non plus.

Après une pause suite à cet éprouvant plombage de moral, on file déjeuner, repérant au passage une boutique de goodies manga dans l’avenue commerçante.

Le défi de l’après-midi : monter dans une ligne de train privée. Monter dedans n’est pas le plus compliquer, c’est surtout pour acheter le billet et ne pas se tromper de gare d’arrivée qu’il pourrait y avoir un problème. Mais le plan de la ligne est également écrit en romaji, le tarif est en chiffres européen, et j’avais déjà lu comment se servir de leur billetterie automatique. Tout d’abord, y insérer le montant correspondant au trajet, ensuite, appuyer sur le bouton correspondant à la station désirée… et hop, le billet sort !

Notre destination : le nord de la ville, vers la limite de la zone d’explosion, voir le seul bâtiment y ayant survécu en bon état, et pourtant il est en bois. Il s’agit du temple bouddhique Fudôin. En ce jour de semaine de début Septembre, il n’y avait personne, même pas un membre du personnel du temple pour tenir la boutique de porte-bonheurs ouverte à tous les vents. Comme quoi, la confiance règne un minimum dans le coin. Les structures et statues du temple sont encore en parfait état, et très belles à voir. Les deux statues de dieux gardiens dans les piliers de la porte ont tout juste perdu un peu de leur couleur.

Retour à l’hôtel pour une pause avant de ressortir pour quelques achats et un dîner de yakiniku, de la viande au grill, que nous préparons nous même sur une grille au milieu de la table. Le gras qui s’enflamme est impressionnant, mais les autres clients ne semblent pas s’en émouvoir. Le repas est excellent, par contre la viande a son tarif dans ce pays qui se nourrit surtout de poisson. Retour à l’hôtel, et repos jusqu’au lendemain.

Jeudi 4 Septembre - Miyajima

Planning du jour, Miyajima, l’île au grand torii aux pieds dans l’eau.
Lever un peu plus difficile, mais prêts à partir en 30 minutes.
On sort de l’hôtel.. pour y retourner aussitôt. L’appareil photo était resté dans la chambre. Cette fois-ci, c’est bon.
Direction la station de tram la plus proche. Le temps de repérer sur un plan lequel va au bon endroit, on se rend compte qu’on a une solution gratuite : le train local passant par les gares de Miyajima et Hiroshima est un JR, pris par nos pass. Bon… Une demi-heure de marche de plus pour aller jusqu’à la gare d’Hiroshima et monter dans le train. On démarre… « Merde ! Ma pilule ! » Panique ! Mais heureusement, j’ai une « sécurité » de 12 heures. On verra en rentrant… Pfouh, moi et ma tête…

Arrivée à Miyajima-guchi, on file vers la plateforme de ferry, lui aussi couvert par nos pass.

Traversée rapide, l’île n’est pas bien loin, et nous pouvons prendre plusieurs photo du sanctuaire Itsukushima et de son grand torii depuis la mer.

On débarque, et nos premiers hôtes font leur apparition : une multitude de daims plus ou moins sauvages se baladent partout autour de nous.

On avance, repérant plusieurs boutiques vendant la spécialité du coin : des pâtisseries en forme de feuille d’érable fourrées à la pâte de haricot rouge ou divers autres parfums. Pas pris le temps de goûter, tant pis.

Nous grimpons jusqu’au Senjokaku, le sanctuaire Hokoku, aussi appelé Pavillon aux Mille Tatamis, une grande structure de bois qui n’a jamais été vraiment terminée. Il est encore aujourd’hui ouvert aux quatre vents et sans plafond pour cacher les poutres du toit. Tout à côté, une pagode à 5 étages se dresse entre les arbres.

Plus bas on trouve l’entrée du fameux sanctuaire sur pilotis Itsukushima.

A marée très haute, il semble flotter sur l’eau. Nous enchaînons les longs couloirs en bois vermillon, jusqu’à passer devant une très vieille scène de théâtre Noh, en bois noirci par le temps mais dont les couleurs du décor ont très peu terni.

On enchaîne avec le temple Daishôin, très bien à visiter malgré les trop nombreuses échoppes de porte-bonheurs et les préfabriqués de chantiers au dessus des bâtiments originaux. Les dizaines de statuettes du bouddha Amida et des divinités Fudô marquent bien l’esprit de l’endroit, de même que les quelques photos et l’autel au Dalaï-lama.

Moment geek de la journée : c’est encore l’été, il fait très chaud et les grillons sonnent à tue-tête. On s’approche du bruit, qui devient de plus en plus fort, de plus en plus strident, puis s’arrête decrescendo, comme un ventilateur s’éteint. « Wow… Les grillons ont fait une erreur système et ont dû faire un arrêt d’urgence. » Voilà… C’était la phrase du jour.

On redescend, à la recherche du départ du téléphérique pour le sommet du mont Misen. Après une marche sous le couvert des arbres, nous arrivons enfin à un restau/salon de thé qui vend de places, que nous achetons, et nous continuons jusqu’à la station. On grimpe dans l’une des cabines, direction le haut de la montagne.

Tellement haut que les jambes de Janek se transforment peu à peu en mousse. Et c’est encore pire lorsqu’on s’aperçoit une fois en haut qu’il n’y a pas de vraie protection pour empêcher les gens de tomber hors des chemins menant aux divers sites du sommet. Après une photo de la première plateforme d’observation et une tentative de 500m de chemin de montagne, crise de vertige, on rebrousse chemin. De toute façon, y avait même pas les singes. Aucun intérêt, franchement…

On redescend donc, et on regagne tranquillement l’embarcadère, en profitant d’une pause déjeuner – à 15h20 certes, mais quand même – où nous commandons deux katsukari, du katsudon – porc pané – avec riz au curry. Vraiment excellent ! Arrivés à la station de ferry, on patiente pour celui de la ligne JR en regardant ce qu’ils proposent dans la supérette de la station, notamment les parfums improbables de leurs mentos : fraise à la crème, banane, raisin, melon… Traversée du bras de mer, retour en train puis marche jusqu’à l’hôtel pour une pause avant d’aller dîner.
Ou pas…
Nous sommes tellement claqués qu’on s’endort sans manger à 18h pour Janek et 20h pour moi – Hotel Dusk, ça tient en haleine.

Vendredi 5 Septembre – Himeji

Quelques confirmations au fil des jours :
- Les japonais sont vraiment très compréhensifs, patients et serviables. Ce n’est pas dans Paris qu’une hôtesse d’accueil d’un bureau Air France sortirait de derrière son comptoir pour t’indiquer ton hôtel. Ici, c’est le cas.
- Un japonais pourra boire autant qu’il veut sans jamais se pisser dessus : on trouve des distributeurs de boissons non alcoolisées et des toilettes publiques très propres partout en ville, presque tous les 200 mètres.

Planning du jour : passage à Himeji pour la journée avant de descendre sur Takamatsu.
Retour à la gare d’Hiroshima, réservation pour Himeji, arrivée sur place. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’on doive chercher un coin pour entreposer notre gros sac. On se renseigne, et on se tourne finalement vers les « coin lockers », consignes payantes ayant la même tête que les casiers de piscine, dont certaines semblent étroites mais suffisamment hautes. Coup de bol, le sac rentre sans trop de problème, et on peut même y caser nos sacs à dos. Il ne nous reste plus que la pochette en bandoulière avec quelques brochures, les sous et les papiers, ainsi que l’appareil photo. Enfin débarrassés, nous partons donc pour le château d’Himeji.

Sur le chemin, la boulangerie « Vie de France » nous tend les bras. Un lait chaud, deux croissants et un jus de pomme plus tard, nous reprenons la route. Ce frugal repas nous permettra de tenir les nombreux escaliers, les 500 mètres de chemin de ronde et de chambres accolées, ainsi que les 6 étages du château. Sur la route menant au château, une chouette rencontre, car V'là les Moomins !

Hem... bref, nous arrivons en vue du château. Vraiment splendide.

Les escaliers étant bien placés, nous avons pu grimper jusqu’en haut du donjon, malgré l’état un peu cotonneux de certaines jambes et le rapetissement général du dos qui va avec. L’intérieur propose une petite collection de lames et de documents d’époque, ainsi qu’un magnifique autel au dernier étage.

Après deux passages à la tente-brumisateur – comme une serre, mais pour les gens – nous décidons de passer outre la cour réservée au rituel de seppuku (trop d’escaliers sous une chaleur écrasante) pour terminer la balade du château et revenir doucement vers la gare.

Réservation pour le shinkansen jusqu’à Okayama, puis nous embarquons à bord de la ligne locale vers Takamatsu, le « Marine Liner ». Comme dans tous les trains, tous les sièges sont tournés dans le sens de circulation, jusqu’à ce que – oh surprise – un voyageur japonais faisant partie d’un groupe de quatre appuie sur une pédale au pied d’un des doublons de fauteuil et, magie ! Les fauteuils se retournent pour former un carré avec ceux de devant ! Concept, les sièges retournables !

Arrivée à Takamatsu, nous sommes vraiment en bord de mer, le plan touristique hors de la gare nous indique la voie à suivre pour notre hôtel. Sur le chemin, dans une galerie, une chatte fatiguée couve du regard deux chatons occupés à jouer dans tous les sens. Prise de renseignement auprès d’une hôtesse d’accueil d’un bureau JAL pour la direction de l’hôtel – qui sort donc du bureau pour nous l’indiquer – et nous y voici. Décidemment, je ne pensais pas avoir choisi tant d’hôtels grand luxe… Je ne pensais pas que les Tokyu Inn étaient chics à ce point…

Arrive le soir, nous sortons faire les galeries marchandes pour trouver un restau. Beaucoup de boutiques, mais peu de restaus compatibles avec nos goûts. Dîner difficilement trouvé, un peu bof. Takamatsu n’est pas terrible, vu comme ça…

Samedi 6 Septembre – La journée « perdue »

Réveil en douceur, presque une grasse mat’ pour notre horloge interne déboussolée. 8h. Mais comme on était réveillés une heure avant, ça fait grasse mat’. On se lève tranquillement en étudiant le plan de la ville. Vu qu’on ne peut pas franchement laisser le sac à l’hôtel, on file à la gare, en quête d’un casier suffisamment grand.
Ce n’est hélas pas le cas. Tant pis pour les jardins Tamamo et Ritsurin, le musée de cire Heike-Monogatari et l’écomusée Shikoku-mura. La flemme est en grande partie responsable de cette non-volonté de chercher plus, mais nous avons un vrai souci : le sac s’est pris un coup, soit à l’aller du Marine Liner soit dans le casier à Himeji, en tout cas l’une des roulettes n’est plus alignée, et le fond du sac ripe par terre, usant le tissu et nos bras à force de frottement.

Nous prenons donc nos billets pour Kyoto, et profitons d’un transfert pour prendre des boissons – quel bonheur ces distributeurs ! A l’arrivée, on galère un peu avec mes plans mais ce qu’on lit nous suffit : à pattes, c’est loin ! Direction la ligne de métro. Cette fois-ci, sur la borne, pas de nom de destination sur les boutons, juste le tarif à débiter sur ce qu’on a mis de pièces. Entrée comme sortie, aucun escalator. Je hais les gros sacs dans les escaliers…
Heureusement, l’hôtel Gimmond n’est pas loin de la sortie, comme indiqué sur le plan de quartier de la station. Encore un truc chic, mais moins luxueux que les précédents.

On remarque malgré tout les grosses différences avec les « nouvelles » villes : des temples et sanctuaires tous les 20 mètres, des habitations, ryokan ou restaus à l’architecture traditionnelle tous les 5 mètres. J’exagère, mais on se sent beaucoup plus dans le vieux Japon à Kyoto.

On descend histoire de déjeuner. La galerie marchande est sacrément longue et blindée de monde, mais bon, c’est samedi. On trouve un petit restau avec katsukari pour l’un et niku-udon pour l’autre. Dommage, j’aurais du préciser sans sauce quand on a commandé. Autant les nouilles à la viande sont délicieuses, autant le katsudon au ketchup est un vrai cauchemar.

On retourne dans la galerie, en tombant sur diverses boutiques, dont une rastafari où nous achetons deux bracelets, une autre que nous fuyons à cause d’un vendeur au regard trop intensif, une surtout où outre le rez-de-chaussée plein de mangas, on trouve un étage de BD et deux étages de DVD, tous porno. Et encore, nous ne sommes pas montés au dernier étage…

Bref, après avoir bien cavalé dans toutes les boutiques, on rentre à l’hôtel, d’où au final nous ne ressortons plus. Déjeuner vers 14-15h n’aide pas à avoir faim à 18h30-19h. Et comme la fatigue est là, on traîne jusqu’à ce que le sommeil nous prenne. Dernière découverte en fermant les rideaux. J’avais bien lu dans la notice de l’hôtel un truc bizarre parlant d’un « window wall ». Il y a effectivement un mur panneau coulissant qui cache la fenêtre. Cool pour la lumière.

Dimanche 7 Septembre – Akame

Bon point pour le Japon : les sites touristiques ne sont pas fermés le dimanche.
Levés, métro jusqu’à la gare, et là, perdus. Où peut bien se trouver la ligne Kintetsu ? 30 minutes à tourner dans la gare, on la trouve enfin. Billets payants, évidemment, et environ 1h30 de trajet de Kyoto à Akameguchi.
Sur le chemin on aperçoit les coins de campagne, avec des rizières et des champs d’orge, toujours autant de câbles électrique en l’air, mais des maisons de plus en plus traditionnelles. Après le changement à Yamato-Yagi, on arrive dans les villages reculés de montagne ? Ici, plus que des maisons au toit de tuiles laquées et aux murs en bois ou en plâtre.

Akameguchi, enfin, coin paumé au milieu de rien. Mais coup de bol, le bus qui monte au chemin des chutes arrive juste. Coup de mal-bol, ce n’est pas 2 bus par heure, comme j’avais vu sur un site, mais un seul qui attend une demi-heure qu’il y ait du monde à son bord. Et là aussi, le tarif semble cher…

Une fois en haut, nous longeons la suite de petites boutiques pour finalement repérer un restau, où on commande un curry et un kitsune udon, les « nouilles du renard », dont le nom vient de la couleur que prend le tofu frit qui compose la recette.

On reprend la route, on passe le musée de la salamandre – pauvres bêtes en vivariums… - et c’est parti pour les 48 chutes d’Akame. Le chemin est sympathique, au frais, et l’enchaînement de cascades est magique. Nous arrivons devant des chutes de 15 mètres de haut, impressionnantes.

Mais de là nous devons prendre un chemin qui monte en un escalier pas très fiable... Demi-tour ? Non ! Colère contre ce fichu vertige qui gâche les belles randonnées, nous grimpons 10 mètres d’un coup. Ah… Plus de rampe plus loin sur le chemin… Et toujours aussi abrupt juste à côté… Demi-tour ? Oui...
Mais plutôt qu’attendre le bus qui descend, on se lance à parcourir à pied les 5 km qui nous séparent de la gare. De belles vues, une fraîcheur agréable, de magnifiques propriétés…

Un seul petit regret : se faire griller par ledit bus 2 minutes à peine avant d’arriver à la gare, alors qu’on pensait le prendre de vitesse.

Long trajet de retour, pause à la chambre. On ressort le soir venu, retour à la galerie et on regarde par les vitres d’un restau qui nous intriguait, avec un gros schéma de vache comme dans une boucherie pour vitrine. On ouvre la porte sur une véritable perle : un yakiniku très classe dans son cadre noir et tamisé, du Bob Marley en fond sonore, et une viande d’une qualité fantastique !

Retour à l’hôtel, on se connecte 10 minutes au PC à 100 yens mis à disposition à l’accueil pour prendre quelques nouvelles du chat et de certains tarifs de figurines, une douche et au dodo.

Lundi 8 Septembre – Nara

Déjà une semaine écoulée. L’impression d’être là depuis une éternité côtoie celle que ça passe trop vite. Le programme pour la journée est la visite de Nara.
Levé peinard, arrivée à la gare, on monte direct sur le quai – ligne locale, pas de réservation. Hélas, en voulant aller trop vite, on monte dans le train omnibus au lieu d’attendre l’express, 30 minutes de trajet en plus. On comate donc en musique jusqu’à Nara.

Une fois sur place, il est 11h30, on remonte doucement l’avenue semi-piétonne qui va vers le parc. Ayant faim, on bifurque dans l’une des galeries on nous entrons dans un restau de friture où nous commandons un énorme katsudon et un oyakodon – porc panné cuit avec un œuf, posé sur du riz. Au début, pas mal du tout mais un peu gras. Bon, vraiment gras.

On continue la route et, suivant les plans, entrons dans le grand parc de Nara. Partout, des daims broutent ou somnolent à l’ombre, un poil plus sauvages qu’à Miyajima.

Nous visitons le splendide sanctuaire shinto Kasuga Taisha, où pendent des dizaines de lanternes.

Puis nous suivons les routes jusqu’au temple bouddhique Todai-ji, le rendez-vous des touristes.

Il faut dire qu’il y a à voir : le bâtiment principal, haut de 50 mètres, abrite un bouddha en bronze de 15 mètres, entouré de deux bouddhas dorés et de deux dieux guerriers en bois.

En sortant, nous croisons les échoppes mobiles de vent de biscuits pour daims, d’où montent des cris de jeunes japonaises qui ne veulent surtout pas toucher les bêtes pour qui elles ont expressément acheté lesdits biscuits.

Nous remontons vers la gare, entrons quelques minutes dans une librairie dont l’étage sur les mangas et les jeux nous laisse en émoi : « Comment ça déjà 13 XXX Holic alors qu’on en n’a que 10 en France ? » « Déjà 51 tomes de One Piece ? Wow ! » « Alors Tobi serait bien Obito ? On le savait ! » « Quoi ? Leurs jeux consoles coûtent en moyenne 20€ de moins qu’en France ? Quels arnaqueurs ces éditeurs européens ! »
Bref…

On monte dans le train, un express cette fois, et on voit des gens agripper les poignées en haut des sièges… et d’un coup les dossiers passent au dessus des fauteuils pour les changer de sens ! Mieux que le fauteuil tournant, les dossiers pivotant ! Ca c’est du concept !

Retour à l’hôtel, pause. La faim ne se faisant pas trop sentir, nous sortons quand même au moins en quête de gashapon. Sur le retour, passage au combini – des supérettes ouvertes 24/24h – pour acheter une grande bouteille de coca, d’un onigiri au saumon et d’un nikuman – beignet chaud dont la pâte est à base de farine de riz, donc tout blanc, et fourré à la viande. Retour à la chambre et dodo après ce dîner improvisé.

Mardi 9 Septembre – Kyoto nord-ouest

Prévision du jour : tour du quart nord-ouest de Kyoto. Le Palais Impérial, le pavillon d’or Kinkakuji, le sanctuaire Ryoanji, le parc des studios Toei Eiga-mura et le château Nijô. Pour commencer, on se prend des pass bus pour deux jours qui nous permettent de prendre bus et métro dans toute la ville.

On grimpe au parc du palais impérial, approchant de la porte principale. Pas de guichet en vue, on contourne le mur d’enceinte. Tiens, une porte, avec un panneau « Allez au centre de réservation / Les visiteurs à pieds ne sont pas admis. » Hein ? Bon… Arrivés au centre, on voit qu’il faut remplir un formulaire d’inscription. Soit. Mais, euh… Comment ça la prochaine visite est dans 4 heures ? Comment ça on ne voit que l’extérieur des bâtiments et les jardins ? Ah non, faire le tour du propriétaire en petit-train-promène-couillon, aucun intérêt. On rebrousse chemin, direction la destination suivante. Suivre le chemin en bus est assez simple, même avec les changements.

Descendus à l’arrêt prévu, on regarde partout pour trouver le chemin du temple quand mes yeux tombent sur une plaque de menu bien sympathique. On entre dans ce qui pourrait ressembler à un petit salon de thé anglais, où nous nous régalons d’un brunch de lait chaud, d’earl grey, de pancakes et d’énormes toasts bacon-fromage, le tout dans une vaisselle fine. Callés pour l’après-midi, on reprend.

Le Kinkakuji porte bien son nom : un pavillon d’à peu près 10 mètres de haut, doré du sol au phénix qui le coiffe, surplombant un étang paysagé.

Vraiment splendide. Plus loin, un autre étang avec un héron, plus loin encore un petit pavillon de thé, et on sort du parc.

Temple suivant, le Ryoan-ji et son jardin sec aux 15 rochers, qu’on ne peut jamais tous voir en même temps quel que soit l’endroit d’où on regarde.

Il est paraît-il la quintessence de l’esprit zen. Tu parles… Impossible ne serait-ce que d’entendre les grillons tant la foule piaille autour du jardin, et il ne faut même pas songer à se poser deux minutes pour le contempler tranquillement, les places sont déjà prises. Quelques photos du jardin, quelques autres des panneaux peints à l’encre dans le temple et tout le monde dehors.

Direction le Movie Land, Eiga-mura. Ah, un bus par heure. Autant y aller à pied. On se perd un peu, beaucoup, mais on y arrive finalement. Les reproductions des ruelles et intérieurs de l’époque Edo sont superbes. Hélas le parc est un peu petit, les animateurs un peu absents, la boutique un peu vide… Heureusement, l’étage réservé au sentai – série de héros costumés – est super tant il ravive les vieux souvenirs ! Outre un petit groupe de Magical Doremi, on remarque surtout la ribambelle de Power Rangers, les monstres associés, même le seul, l’unique, Bioman ! Ainsi qu’une statue géante de Kamen Rider !

On reprend le bus, direction le château Nijô. Qu’au final on réserve à plus tard, nos pattes et dos n’en peuvent plus. On arrive finalement à l’hôtel vers 16h, pour une pause avant de ressortir.
Et on ressort finalement, mais sans envie particulière. On erre… Jusqu’à ce que, 40 minutes plus tard, Janek se rende compte qu’il a mis son t-shirt à l’envers en ressortant. On remonte quelques mètres pour se trouver une ruelle tranquille où changer ça. On revient ensuite dans les environs de l’hôtel pour voir si le mini restau non plairait mais non. Résultat, direction le combini, achat de quelques onigiri et d’un paquet de chips et retour à la chambre.

Mercredi 10 Septembre – Kyoto sud

Petit programme du jour : Fushiminari, Sanjuusangen-dô, Kiyomizu-dera et Gion.
Vu le programme et la rapidité avec laquelle on a bouclé celui d’hier, on se permet de se lever tard et de passer à la pâtisserie de la gare pour nous prendre de quoi déjeuner devant le fushiminari.


Ce sanctuaire est dédié à la déesse shinto renard des moissons et du riz, par extension du sake. De fait, il y a des statues de renards partout. Le bâtiment principal est assez impressionnant. Mais le plus imposant reste le tunnel de torii de 4 kilomètres de long.

On poursuit avec la visite du temple bouddhique Sanjuusangen-dô, qui abrite 1001 statues de la divinité Kannon, « la miséricordieuse » dont une assise en lotus bien plus grande que les autres. Elles sont encadrées d’une vingtaine d’autres divinités bouddhiques, dont les dieux du vent et du tonnerre.

Descente du bus devant la ruelle qui monte au Kiyomizu-dera, on commence à grimper. Beaucoup. Nous longeons des tas de boutiques qui vendent, entre autres, la pâtisserie locale que j’appellerai « col de geisha » vu que ça en a la forme et que ça y est apparenté. C’est une espèce de crêpe sucrée parfumée, à un peu n’importe quoi. Très doux, très bon. Une fois les boutiques dépassées, on arrive après avoir grimpé devant.. des escaliers… Bon. Fait chaud mais tant pis, ça vaut le coup. On monte les marches, on paie l’entrée du bâtiment principal, et de là on peut admirer le panorama. En avançant au pavillon suivant on a même une vue sur Kyoto. On redescend, croisant au passage une file de fidèles/touristes (voire les deux) qui viennent boire l’eau sacrée du temple.

Retour à l’arrêt de bus, direction Gion, le quartier des plaisirs avec Pontocho. Mais se repérer dans le quartier sans vraies indications n’est pas facile. Nous n’arrivons même pas à trouver le site touristique Gion Corner, théâtre pour gaijin. Nous débouchons quand même sur un petit coin qui nous transporte dans le vieux Kyoto quelques minutes, malgré les couleurs actuelles et les câbles électriques.

Au fil des rues, on tombe finalement sur une bouche de métro qui nous ramène à l’hôtel pour reposer nos pieds et étudie les autres centres d’intérêt.
En fait d’autres intérêts, c’est surtout faire ce qu’on n’a pas encore fait : le château Nijô, l’avenue commerçante de Pontocho et Gion, de préférence le soir, et finalement tenter le palais impérial. Au moins, si c’est pas bien, on aura juste perdu du temps mais pas d’argent.

On part dîner, je veux tester l’okonomiyaki, une espèce de crêpe épaisse avec une garniture dessus/dedans. On rentre, on commande, c’est marrant la cuisine faite sous nos yeux sur une immense plaque chauffante à l’aide de grandes spatules. Les cuistots mélange quelques ingrédients dont un indéterminé, de l’œuf et la garniture choisie. Quel n’est pas notre malaise quand nous comprenons que « indéterminé » = chou haché ! Une fois prêt, l’une des cuistots arrose ma part d’une sauce spéciale, j’englouti le tout en vitesse pour pas trop avoir le goût général et je tente d’aider Janek qui, malgré ses gros efforts, a vraiment du mal. Nous nous levons sans avoir pu tout finir – comme quoi leur sauce épaisse fait bien passer le tout; nous allons payer et partons avant d’avoir à courir vers les toilettes les plus proches.

C’est au final vers le McDo que nous courons pour quelques nuggets et une glace. Un détour par la boutique de gashapon pour quelques achats, et retour à l’hôtel. Demain, lessive au lavomatique indiqué par l’une des employées de l’hôtel.